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Manifeste pour un romantisme excentrique

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Poème de Obni  du 12 janvier 2012,


Dans un monde stressé, convulsé par l'apparence,
envahi par les ports de masque et la volonté d'ubiquité.

Je revendique le romantisme excentrique.

Je revendique la gentillesse pour autrui,
Je revendique la passion pour vous que je ne connais pas
La poésie d'un regard échangé, d'un texte déroulé en commun,
L'offrande de soi, l'envol de mots parlés en bouteille à la mer,
Les petites attentions qui torrentent la vie
La caresse du matin sur une peau encore mal réveillée,
Le baiser d'une métaphore offerte sur un papier glacé
Sur un écran pixelisé…

Je revendique le froid virtuel d'un écran
Pour réchauffer nos nuits, nos jours et nos fragrances.

Je revendique l'écriture comme marque de séduction
La fleur offerte
Le compliment
L'étonnement d'une action qui déconcerte
Le partage de mots loufoques
Le respect pour celles et ceux qui écrivaient,
écrivent et écriront ici… Là
Là-bas
Dans leur maison, leur lit, leur nid, leur nudité

Il n'est jamais simple d'écrire sa nudité.

Je revendique l'imaginaire pour faire l'amour
L'imaginaire des gestes, des postures,
des insolences, des frénésies

Je revendique la lactance de nos étreintes phrasiques

Je revendique d'en faire trop

Je revendique de passer pour un ringard
parce que ce n'est plus de ce temps
De parler ainsi

Maintenant, on aime choquer,
dépeindre explicitement l'acte d'amour
On fantasme sur du non-amour.

Je revendique que je t'aime,
Toi la femme de ma vie

Je revendique aimer la féminité
Donc je vous aime, vous les femmes qui me lisez, pour vos joies,
vos peines, vos illuminations, votre créativité et votre quotidien.

Je revendique la jouissance
Celle qui surprend et qui croustille
comme du caramel croquant sous la dent

Je revendique l'auto-dérision, et la tragédie qui est la mienne
de ne plus vivre longtemps.

Maintenant…

Que ces mots s'effacent à jamais au vent marin chargé d'iode,
de sel, d'histoires de Simbad le marin, d'Aladin, de Marco Polo

Que ces paroles s'éloignent à jamais
Vers les bateaux, les capitaines, les sirènes
et les baleines bleues.

Tout cela demeurerait-il d'un autre temps ?

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